La Capsule Rouge

The Evil Within – Voyage au coeur de l’Enfer

27 novembre 2014 Geek
EvilWithin

Un dimanche après-midi à Paris, je m’ennuie un peu dans mon appartement silencieux. Je n’ai pas le goût d’aller nager à la piscine (l’exercice du trentenaire), ni-même de faire mon ménage (la défaite du trentenaire). Quelques jours auparavant j’avais entendu parler de ce jeu vidéo The Evil Within, derrière lequel se cache le très respecté Mikami-san. Pour celles et ceux qui n’ont jamais entendu de cette personne, il s’agit du créateur des premiers jeux Resident Evil. Cet homme est Dieu. Resident Evil 1, 2, 3, 4, Zero & Code Veronica et bien c’est lui ! J’ai été élevé avec ces jeux. Façon de parler ok … Je me souviens encore du premier opus sur ps1. On y jouait avec des amis dans le garage de la maison parentale. Nous étions alors collégiens. Ambiance glaciale. Le survival horror était né. Puis l’aventure à continué jusqu’au dernier Resident Evil qui m’ait plus : le 4. Après je n’en parle pas, c’est une suffocante catastrophe à mon avis. Le 6 est un échec cuisant. Mais pas grave, Mikami-san n’est pas responsable du désastre.

Donc, lorsque j’ai appris que Dieu se cachait derrière The Evil Within et que mon dimanche était bien parti pour se terminer comme il avait commencé (au point mort), j’ai décidé de prendre mon petit courage à 2 mains (en fait l’une tenait ma carte bleue et l’autre mon pass navigo) et d’aller faire un tour à la seule fnac ouverte un dimanche à Paris : celle des Champs Élysées. Tu t’en branles ? C’est pareil.

Quelques heures plus tard, me voici prêt à me lancer dans une aventure qui durera près de 20 heures …. 20 heures de cauchemar, d’agonie, de peur, d’horreur et de plaisir ! Enfin presque …

The Evil Within est un survival horror de première catégorie. Vous incarnez Sebastian Castellanos, un détective alcoolo qui est appelé en renfort avec son équipe pour aller mettre la fessée à un taré qui semble zigouiller tous les humains présents dans un hôpital psychiatrique à l’architecture gothique (ça pose le décor). Sur place, ça part en sucette (normal). Sebastien est assommé et se réveille seul dans un sorte de cave dégueu (ambiance Rob Zombie / Silent Hill vous voyez ?) et pendu par les pieds au plafond. Le problème ici, ce n’est pas la gravité mais plutôt que le lieu est fréquenté par un maniaque de 2 mètres qui prend plaisir à découper des humains sur une table médiévale pour en faire des sushis interdits à la vente. Bien sûr vous trouvez le moyen de vous échapper, bien sûr vous vous faites salement blesser et BIEN SÛR le gros taré vous poursuit avec un tronçonneuse (coucou The Texas Chainsaw Massacre ou le monsieur à la tronçonneuse dans Resident Evil 4).

Et bim c’est parti pour 20 chapitres d’horreur incarnée. Ce jeu est une pure merveille de Survival Horror. Graphiquement j’y ai retrouvé la finesse et le réalisme des textures de Resident Evil 4 ou Metal Gear Solid. J’ai pris un grand plaisir à contempler les décors dans lesquels j’ai accompagné le héro. On dirait du tourisme en plein cauchemar land. Bon seul petit bémol sur les graphismes : les ombres du personnages faits avec 3 pixels. Mais on s’en fout car le reste est convaincant. Quel plaisir en tout cas (j’ai quand même bien flippé) de visiter les douves d’un chateau médiéval abandonné, les couloirs d’un hôpital psychiatrique, un village de damnés (coucou Resident Evil 4 encore une fois), une ville moderne abandonnée (coucou The Last of us), un manoir éclairé à la bougie (« This Hall is dangerouuuus » → commente l’article si tu as compris la référence), un métro mal fréquenté etc…

En fait pour vous faire un idée, The Evil Within est une adaptation parfaite de Resident Evil 4, avec pour emballer le tout de nombreuses références à de grands films d’horreur. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un copier / coller de RE4 mais presque. Vous incarnez déjà un personnage qui aurait pu être Leon. Les armes sont presque les mêmes. Shotguns, magnun, sniper etc… Tout comme dans les RE4, vous pouvez faire évoluer vos armes et votre personnage. Les sauvegardes se font également dans des salles sécurisées, dans lesquelles aucun danger ne pourra vous approcher (gros bon point pour la musique d’ailleurs). On joue sur les mêmes logiques que dans Resident Evil 4. Les plantes sont remplacées par des seringues. Vous pouvez accumuler des sortes de bouteilles de liquide vert qui vous permettront de pimper votre arsenal et votre perso. En tuant un boss vous touchez le gros lot. La hiérarchie des méchants et la même que dans Resident Evil 4. Les nombreux petits villageois possédés, puis les villageois un peu chiants car plus costauds à butter (mais ça vaaa), puis les boss teigneux et très flippants (sérieux il sont bien faits !!!) et enfin du gros boss hardcore bien difficile à poutrer. Bref je pourrai vous faire une liste des points communs avec RE4 mais ce n’est pas le but. Ce que je cherche à vous expliquer, c’est que The Evil Within reprend le meilleur de RE4 et en fait quelque-chose de bien plus radical et surprenant. Et c’est réussi. The Evil Within est à Resident Evil 4 ce que Los Angeles 2013 et à New York 1997 (cf : John Carpenter).

[Je tiens à m’excuser d’avoir autant employé l’expression Resident Evil 4 dans la partie précédente.]

La durée de vie du jeu est très satisfaisante. Plusieurs niveaux de difficultés vous sont proposés. Une fois le jeu terminé, vous pouvez le recommencer avec de nouvelles armes et les aptitudes acquises en première partie. Les maps sont longues et pas toujours linéaires. Le chapitre 9 est l’un des plus intéressants à mon avis. Vous faites évoluer votre personnage dans un vieux manoir avec un hall d’entrée immense pourvu d’un escalier magnifique. Livrés à vous même, vous devez y résoudre un certain nombre d’énigmes pour progresser. J’ai pris grand plaisir à faire ce chapitre car la liberté d’exploration des lieux est une référence directe aux 3 premiers Resident Evil. Pour les fans de première générations comme moi, c’est un joli cadeau. Merci Mikami-san !!!

Seul petit bémol du jeu : le gameplay. Halalala quel dommage … Si près du but, à 2 doigts de toucher le Saint Grall du Survival Horror et il fallait que les mecs négligent le gameplay. Déjà le personnage prend trop de place à l’écran. On y voit pas grand chose, c’est frustrant La gestion des caméras n’est pas assez intuitive. Le mode furtif aurait mieux fait de rester furtif car il ne sert strictement à rien. Vous marchez à deux à l’heure et les ennemis ont le temps de faire 3 rondes avant de pouvoir les atteindre. Les combats au corps à corps sont ratés. Je n’ai jamais réussi à faire tomber un seul ennemi et ce malgré avoir boosté les performances de mon personnage et après leur avoir foutu des dizaines de mandales. Si les développeurs voulaient faire du Splinter Cell ou du Hitman, et bien ce n’est pas un succès. Ensuite certaines actions du personnage viennent casser le rythme du jeu. Exemple : vous êtes poursuivis, c’est la merde. Vous sprintez et devez ensuite enjamber un muret. Vous appuyez donc sur le bouton vert de la manette. Et là votre personnage s’arrête net (« tiens je vais faire une pause pipi ») et enjambe trèèèès lentement le muret pendant que vos ennemis vous rattrapent pour vous coller une pile. Les exemples de ce genre sont trop nombreux et c’est vraiment dommage. Je ne vous parle pas des visées en rapproché aussi …

Mais bon, je ne vais pas rester sur cette note. Ce jeu est un vrai succès. J’en ai tellement encore à dire mais il me faudrait plusieurs heures pour tenter de vous montrer tout le potentiel de The Evil Within. Le seul conseil que je peux vous donner c’est « Achetez le jeu, réservez-vous un long week-end (le luxe du trentenaire), faites vous livrer des pizzas, éteignez les lumières et plongez dans le coeur des ténèbres d’un très chouette Survival. »

The Evil Within – jeu de survival disponible sur PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One.

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